Formations Yoga à distance
Pour ou contre ?
On pourrait trouver maints arguments pour venter les
bienfaits d’une formation de yoga à distance ou la condamner
définitivement. L’intelligence humaine est ainsi faite, elle
peut tout justifier, une chose et son contraire, c’est notre
monde, celui de la dualité et des opposés.
Toute fois la vraie question est inévitable : n’est-il pas «
hérétique » de proposer un enseignement de yoga à distance,
en dehors de la présence de l’instructeur. N’y-a-t-il pas
ici le risque de livrer à lui même l’étudiant et peut être
d’encourir certaines dérives ou erreurs ? Il faut répondre
sans doute oui et rajouter que ce risque existe également,
tout autant si ce n’est plus, dans les formations de
professeur de yoga en direct dispensées en Occident. En
effet celles-ci ne sont données ni par un Maître ni dans un
cadre traditionnel, et ces formations de yoga dispensées
dans des centres de formation avec trop de gens par classes
et par trois, quatre, cinq, six ou plus personnes
différentes sont tout autant éloignées du cadre traditionnel
que les formations à distance qui ont au moins le mérite de
respecter l’intimité, l’instructeur unique et de laisser à
l’apprentis tout un matériel précis lui permettant de se
corriger.
Quel est le cadre
idéal de la transmission du yoga ?
Difficile à dire, il faut se tourner vers l’Inde pour
ébaucher une réponse. Traditionnellement l’enseignement du
yoga dans le cadre d’une véritable recherche spirituelle se
fait de Maître à disciple, ce dernier est alors initié et
entre dans une lignée de Maîtres. S’agit-il ici d’une
formation d’enseignant de yoga ? Non bien sûr, il s’agit
d’une initiation personnelle qui ne concerne que soi et qui
est totalement indépendante du fait d’enseigner ou pas.
Cela signifie qu’il n’est pas indispensable d’être initié
pour enseigner le yoga, ni d’être dans une relation de
Maître à disciple, heureusement, car si c’était le cas, il
n’y aurait quasiment plus aucun professeur de yoga !…
Comment cela se passe alors en Inde ? Cet apprentissage a
lieu en petit groupe autour d’un instructeur qualifié qui
peut être ou ne pas être un Maître. Il est qualifié pour
former des gens, le reste ne regarde personne.
Dans le yoga tantrique la vie communautaire n’existe pas, on
vient prendre des enseignements pendant un jour ou deux puis
on repart chez soi expérimenter ce qui a été reçu. Cela dure
un temps variable d’un individu à l’autre. En général on ne
suit qu’un seul instructeur, c’est toujours le même d’une
fois sur l’autre. Le contenu enseigné n’a rapport qu’avec le
yoga, la philosophie, la métaphysique, les techniques. Pas
d’anatomie ou d’étude comparée des religions…
Dès que cela est envisageable, parce que suffisamment de
pratique et de théorie ont été assimilés, on peut commencer
à enseigner, n’importe où et à n’importe qui. Les yogi
tantriques ne sont ni religieux, ni renonçants, ils vivent
simplement le monde comme une symphonie de recherche
d’énergie, de partage et d’amour, et chaque fois que cela
est possible ils y invitent le passant. Ils n’y a pas
d’ashrams (à l’origine des hermitages de renonçants), pas
d’écoles, pas de ces trucs qui se sont développés finalement
assez récemment – surtout depuis les années 1950 – pour
répondre à une demande générée par les occidentaux.
On peut donc dire qu’il n’y a en Occident aucune façon
vraiment traditionnelle d’apprendre le yoga pour soi ou pour
l’enseigner. Toutes les propositions ne sont que des
adaptations au lieu et à l’époque. Et c’est bien ainsi.
L’enseignement à distance, ou sur internet, fait donc partie
de ces adaptations au même titre que les stages, les
fédérations, les colloques, etc.
Dans les temps anciens les yogis savaient que des personnes
isolées aptes à recevoir l’enseignement risquaient de ne
jamais rencontrer un Maître. Ils ont donc écrit et fait
circuler des textes «appropriés» qui pouvaient guider
l’apprenti et le mettre subtilement en relation soit avec le
maître intérieur soit avec la lignée. La Shiva samhita, par
exemple, était réputée pour ça.
Dans des temps plus reculés encore, à une époque où
l’écriture n’existait pas, il est naturel de penser que
cette possibilité n’était pas donnée et qu’il fallait
impérativement recevoir l’enseignement directement.
Mais le propre d’une vraie tradition est d’évoluer,
d’adapter, non le fond bien sûr qui reste universel et
permanent, mais la forme. L’Inde en est un exemple fort,
c’est aujourd’hui la seule et la dernière mythologie encore
vivante parce que, malgré les multiple invasions et
conquêtes, malgré la modernité, le Pepsi-Cola et
l’informatique elle a su faire évoluer sa tradition pour la
conserver. Il est même possible de suivre les cérémonies des
temples sur Internet grâce à des Webcams branchées en
permanence. Et les indiens vous disent avec leur plus beau
sourire que c’est bien ainsi, que Shiva/Shakti
(Conscience/Energie) sont partout, même dans le web…
L’expérience montre qu’une pratique rigoureuse à distance
donne des pratiquants aguerris et des professeurs qualifiés
alors prêts à aller plus loin sur leur chemin. Dans tous les
cas il est mieux de recevoir un enseignement complet à
distance qu’un enseignement incomplet en direct…
Avantages -
Inconvénients
L’inconvénient majeur d’un enseignement à distance pourrait
être l’absence de relation personnalisée avec l’enseignant
(on retrouve cet inconvénient dans les formations où il y a
40, 50 ou plus élèves par classe…) mais ce n’est pas le cas
dans les formations à distance que nous proposons car il y
des week-ends correctifs, des stages annuels correctifs et
un suivi individualisé à Aix-en-Provence, voire à Lyon, pour
qui le souhaite.
En contre partie les avantages sont multiples :
1) Pouvoir suivre l’enseignement à son rythme où que l’on
habite sur terre ce qui est typiquement dans l’esprit du
yoga qui, s’il n’est pas prosélyte, n’est pas sectaire et se
réjoui (pour chacun et pour l’humanité) que le plus grand
nombre accède à la connaissance.
2) Pouvoir réentendre à loisir les enseignements et revoir
les vidéos.
3) Ne pas prendre de temps sur le temps familial.
Ces trois points sont les plus importants, mais non les
seuls. D’entre eux le deuxième point est essentiel.
Dans les formations à distance proposées ici (depuis 2002),
l’élève reçoit un module tous les deux mois. Ce module est
composé de 6 à 12 heures d’enregistrement audio, d’une heure
de vidéos et d’un support papier d’une quarantaine de pages.
Tout est expliqué, tant au niveau de la théorie que de la
pratique, un ou deux programmes journaliers sont proposés.
Les postures, les respirations, les mudra, les bandha, les
mantra, les visualisations dans la structure énergétique,
les concentrations, etc. tout est détaillé. Bien sûr il faut
savoir qu’on est seul à pratiquer et qu’il faut donc une
vraie rigueur personnelle pour assurer régularité et
persévérance, ceci est un engagement personnel. Un
enseignement à distance de qualité ouvre les portes de
l’intériorité, donne les instruments d’une vraie pratique et
met en place l’apprentissage nécessaire pour devenir, si on
le désire, un bon enseignant.
Une formation de professeur de yoga est le début d’une
recherche personnelle authentique, elle donne les moyens
d’une pratique et d’un enseignement. Plus loin ni les écoles
occidentales ni les enseignements à distance ne sont valides
et seule l’initiation et la rencontre avec le maître seront
indispensables si l’on veut atteindre les « hautes sphères »
de l’éveil. Mais ne rêvons pas, c’est n’est dans les
capacités de personne ni d’aucune institution en Occident
d’offrir cela.
A distance ou en direct, l’essentiel reste la qualité de ce
qui est enseigné et la qualité de l’élève. Et que le mode de
transmission s’efface à ce niveau est finalement heureux.
Christian Tikhomiroff